Nous ne sommes pas toujours d’accord au travail. Sur une décision, une manière de faire, une priorité ou simplement une façon de voir les choses.

Le désaccord en lui-même n’est pas forcément un problème. Ce qui devient parfois plus difficile, c’est de trouver la manière de l’exprimer sans créer de tension ou détériorer la relation.

Ne pas être d’accord est normal

Dans une équipe, chacun arrive avec son expérience, sa personnalité, ses contraintes et sa propre lecture d’une situation.

Il serait donc assez étonnant que tout le monde soit toujours du même avis.

Pourtant, le désaccord est parfois vécu comme quelque chose qu’il faudrait éviter. On préfère ne rien dire, acquiescer ou remettre la discussion à plus tard.

Sur le moment, cela semble plus simple.

Mais le désaccord n’a pas disparu pour autant.

Il peut revenir quelques jours plus tard, parfois sous une autre forme : agacement, frustration, incompréhension, perte d’envie de collaborer…

La question n’est donc peut-être pas : « Comment éviter les désaccords ? », mais plutôt : « Comment faire pour qu’ils restent des désaccords et ne deviennent pas des conflits ? »

Ce qui se joue parfois derrière un désaccord

Prenons une situation très simple.

Vous proposez une manière de mener un projet. Votre collègue en propose une autre.

Vous pouvez rapidement penser :

« Il ne m’écoute jamais. »

De son côté, il pense peut-être :

« Elle/il veut toujours imposer sa façon de faire. »

Et la discussion ne porte bientôt plus uniquement sur le projet.

Chacun commence à interpréter l’attitude de l’autre.

Pourtant, derrière deux positions différentes peuvent simplement se cacher des contraintes que l’autre ne connaît pas, des expériences différentes, des priorités qui ne sont pas tout à fait les mêmes ou deux façons parfaitement légitimes d’atteindre le même objectif.

Faire cette distinction change déjà beaucoup de choses.

Dire son désaccord sans attaquer l’autre

Exprimer un désaccord ne signifie pas démontrer à l’autre qu’il a tort.

C’est souvent là que la formulation prend toute son importance.

Il y a une différence entre :

« Ça ne fonctionnera jamais, ta solution est trop compliquée. »

et :

« Je vois les choses différemment. Ce qui m’inquiète dans cette solution, c’est… »

Dans le deuxième cas, le désaccord reste exactement le même.

Mais on parle de la situation plutôt que de la personne.

Quelques formulations très simples peuvent aider :

  • « Je ne partage pas complètement ton point de vue. »
  • « Je comprends ton raisonnement, mais j’ai une réserve sur… »
  • « De mon côté, je vois plutôt les choses comme cela… »
  • « Qu’est-ce qui t’amène à privilégier cette solution ? »

Il ne s’agit pas d’apprendre des phrases toutes faites, mais de parvenir à dire ce que l’on pense sans transformer une différence de point de vue en jugement sur l’autre.

Chercher à comprendre avant de convaincre

Lorsque nous sommes convaincus d’avoir raison, notre premier réflexe est souvent d’argumenter davantage.

On explique. Puis on réexplique autrement.

Et si l’autre n’est toujours pas convaincu, on explique encore.

Mais comprendre le raisonnement de l’autre peut parfois être beaucoup plus utile.

Pourquoi voit-il la situation différemment ? Quelles sont ses contraintes ? Qu’est-ce qui est important pour lui ? Dispose-t-il d’informations que vous n’avez pas ?

Cela ne signifie pas que vous finirez nécessairement par être d’accord.

Et ce n’est pas grave.

Parfois, une bonne discussion se termine simplement par :

« Je comprends mieux ton point de vue, même si je ne le partage pas complètement. »

Et quand personne ne change d’avis ?

C’est probablement l’une des réalités les plus simples et les plus oubliées de la communication professionnelle :

bien communiquer ne signifie pas toujours parvenir à un accord.

Deux personnes peuvent s’être écoutées, avoir compris leurs arguments respectifs… et continuer à penser différemment.

Il faut alors trouver une autre question :

Comment avançons-nous malgré notre désaccord ?

Une décision doit-elle être prise ? Qui en a la responsabilité ? Peut-on tester une solution ? Existe-t-il un compromis acceptable ? Peut-on simplement accepter que chacun conserve son opinion ?

La qualité d’une relation professionnelle ne se mesure pas au nombre de sujets sur lesquels nous sommes d’accord.

Elle se mesure aussi à notre capacité à continuer à travailler ensemble lorsque nous ne le sommes pas.

En conclusion

Le désaccord fait partie de la vie professionnelle.

Chercher systématiquement à l’éviter peut parfois créer davantage de difficultés que de l’exprimer.

Dire ce que l’on pense, écouter réellement le point de vue de l’autre et accepter que toutes les discussions ne débouchent pas sur un consensus permet souvent de préserver l’essentiel : la possibilité de continuer à travailler ensemble dans une relation respectueuse.

Finalement, l’enjeu n’est peut-être pas de penser pareil.

C’est de pouvoir en parler.